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Une ressource insoupçonnée des registres paroissiaux : la bénédiction des cloches

Cloche conservée dans l’église de Camors. Elle est une des 28 cloches d’Ancien Régime protégées au titre des Monuments historiques. © Département du Morbihan

Au détour des actes de baptême consignés dans des registres tenus par les recteurs des paroisses, on trouve parfois mention de bénédictions des cloches pour les églises et chapelles du Morbihan. Ces informations sont d’autant plus importantes que la plupart d’entre elles ont été saisies lors de la Révolution française, afin d’être fondues à Nantes et transformées en canons. Les survivantes, assez nombreuses en Bretagne, étaient conservées notamment pour le tocsin, car la cloche était souvent le seul moyen de communication pour le village et ses alentours. Issue du rituel romain, la bénédiction de la cloche était faite lors d’une cérémonie religieuse, avant que celle-ci ne soit installée dans le beffroi. Les cloches sont bénites car elles servaient, outre à donner les heures, à appeler les fidèles pour les offices  divins. Coulée sur place généralement, la nouvelle cloche était souvent fabriquée avec le bronze de l’ancienne cloche. Sur le cerveau (partie supérieure de la cloche), des formes de bois permettaient de calibrer le moule afin d’inscrire le prénom donné à la cloche, le nom du curé et son année de fabrication. Dans certains cas, les noms et qualité du parrain et de la marraine étaient ajoutés, ces derniers étant des notables ou nobles de la paroisse.

 

Extrait du registre de baptêmes, mariages, sépultures de la paroisse de Camors, 1747. Archives départementales du Morbihan, 3 E 31/4

En 1747, on procède ainsi à la bénédiction d’une cloche pour la chapelle Saint-Suzanne, proche de l’église Saint-Sané de Camors :

L’an mil sept cent quarante-sept le vingt quatrieme jour de septembre on à procedé a la benediction d’une cloche dediée a la chapelle Sainte Susanne avec la permission de (Msgr) Monseigneur l’Illustrissime et reverendissime evêque de Vannes endatte du vingt septembre present pour nommer la cloche. Sont Nicolas Hoelart du village de Lambel soussignant et Julienne Guillemet, femme de Pierre Guimar du village Langrois qui ne signe. La ceremonie faite par messire Pierre Guillemet recteur de Camors. Presents à cette ceremonie les soussignants et autres.

Guillemet, recteur de Camors                    M. Le Clerc, recteur de Guennin

J. Le Devedec, prêtre                                          B. Baudet, curé

N.Hoellart                                                          quarante six autres