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Onze campagnes de fouilles au cairn du Petit Mont

Il y a 40 ans, au tout début du mois d’août 1979, démarraient les fouilles du cairn de Petit-Mont sous la houlette de Joël Lecornec.
Passionnés d’archéologie et venant de tous horizons, les fouilleurs amateurs, au nombre d’une vingtaine, sauront, années après années, travailler avec ardeur. Leur application nous permet aujourd’hui de reconstituer l’histoire de ce site majeur. Divisés en équipes, chaque groupe aura pour mission de dégager un secteur différent du site, le tout dans une ambiance studieuse et familiale. Tous les matins sur le terrain à 8h30, rendez-vous est donné pour démarrer la journée. Impressionnés jour après jour par le panorama magnifique qu’offre ce site, le chantier dominant la mer de tous côtés, c’est dans la joie et la curiosité, mêlée d’une certaine inquiétude au regard du travail immense à accomplir, que les fouilleurs s’attèlent à la tâche.
En parallèle de la fouille et en attendant l’ouverture permanente du site au public, ce sont plusieurs visites quotidiennes que les fouilleurs prennent en charge, afin de satisfaire les nombreux badauds et touristes plus avertis, de passage sur le site.

Parmi les premières missions : la recherche des parements du cairn. Pour ce faire, une grande tranchée localisée au Nord-ouest du cairn et remontant jusqu’au sommet de ce dernier, est réalisée. Chaque jour des tonnes de pierres et de terre sont remuées afin de trouver les parements tant recherchés.
Les fouilles révèleront l’existence d’un tertre primitif d’abord édifié vers 4500 av. J.-C. Petit à petit, années après années, les campagnes successives s’attacheront à comprendre l’évolution et la structure architecturale du monument. Un cairn en pierre sèche viendra condamner le tertre initial puis un second cairn construit vers 4000 av. J.-C. s’appuie sur le précédent et abrite une tombe à couloir. L’extension du monument vers -3000 englobera alors deux tombeaux supplémentaires. Enfin, l’édification d’une double muraille viendra ceinturer l’ensemble du dispositif et en fermer l’accès.

Si une majorité de monuments mégalithiques ont fait l’objet d’explorations, souvent multiples, au XIXe et au début du XXe siècle, le cairn de Petit-Mont est l’un des rares sites à avoir également fait l’objet de fouilles archéologiques relativement récentes et exhaustives. Ces travaux restent une référence pour la connaissance du mégalithisme, même si de nombreuses facettes de ce site mériteraient d’être de nouveau étudiées, au regard des connaissances et technologies actuelles.
Il y a 30 ans, en août 1989, la dernière campagne de fouille se termine. Après 11 campagnes et une implication totale des participants, c’est un site incroyable et des milliers d’objets qui ont été découverts. Malgré tout, le cairn de Petit-Mont n’a pas encore dévoilé tous ses secrets et certains mystères restent entiers.

Fouille de la tranchée ouest, photographie, 1979. Archives départementales du Morbihan, 238 J

Illustrations

Vue aérienne du cairn lors de la campagne de fouille de 1987. Archives départementales du Morbihan, 238 J  [page d'accueil]

Essai de reconstitution du complexe mégalithique : en noir, tertre pré-mégalithique ; orange, cairn primaire I ; vert, cairn secondaire II ; rouge, cairn final III ». Archives départementales du Morbihan, 238 J [bannière du haut]

Fouille de la tranchée ouest, photographie, 1979. Archives départementales du Morbihan, 238 J