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Sur les pas de Prosper Mérimée, le préfet Lorois, un assistant de premier choix

Portrait du préfet Lorois, photographie, 19e siècle. Archives départementales du Morbihan, 7 Fi 23

La visite de Prosper Mérimée suscite chez Édouard Lorois, préfet du Morbihan (1830-1848) une véritable passion pour les monuments de son département. « Le fait qu’est depuis votre passage à Vannes, je m’enquière de tous nos monumens, je les visite, je les regarde avec un œil qui commence à voir. »
Après le départ de Mérimée, une correspondance active s’installe entre les deux hommes. En témoignent cinq lettres du préfet rédigées entre le 14 novembre 1835 et le 15 septembre 1836. Elles résultent de la forte complicité née de leurs multiples péripéties de voyage. Le préfet Lorois s’y montre très frustré que l’inspecteur des monuments historiques n’ait pas consacré plus de temps à la découverte du patrimoine local. D’autre part, ces échanges épistolaires aident Mérimée dans la rédaction de ses notes de voyage qui paraissent en octobre 1836. Pour la sauvegarde du patrimoine, Lorois n’hésite pas à donner de sa personne en passant « le 2 janvier 4 heures sous terre et sis heures sur l’eau » pour relever les dessins de Gavrinis que Mérimée lui demande.
Dans chacune de ses lettres, le préfet Lorois dresse un état très éloquent du patrimoine religieux morbihannais. Il tente de convaincre Mérimée qu’il est nécessaire de sauvegarder toute cette richesse : Notre-Dame de Quelven, Saint-Nicolas, Ploërdut, Ambon, Le Guerno, l’Ile d’Arz…
Au début de novembre 1835, le préfet Lorois visite pour la première fois la chapelle Saint-Fiacre au Faouët. A l’intérieur il est émerveillé par « une tribune qui sépare l’église en deux, en bois sculpté de la manière la plus riche, la plus élégante ornée de peintures et d’inscriptions. ». Lors d’une seconde visite en mai 1836, il désigne le jubé comme la « critique élégante, mais bien cynique mais bien obscène des anciennes mœurs du clergé régulier. »
« Depuis votre voyage en Bretagne, mes administrés ont dû me  trouver bien dévot : je ne passe près d’une église où d’une chapelle sans la visiter. (…) Je frémis, Monsieur, à l’idée que vous allez publier dans votre notice une seule de nos belles églises. (…) J’ai pris moi-même sur un papier chiffonné appuyé sur le fond d’une barrique la vue de la chapelle du petit village de Kernascléden. On ne peut rien voir de plus gracieux ni de plus riche. »