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Sur les pas de Prosper Mérimée, le mystère des pierres levées

Grand menhir brisé, estampe, 19e siècle. Archives départementales du Morbihan, PB 130

De retour à Lorient après une première journée de visite, il se dirige vers Auray pour se rendre de là à Carnac et Locmariaquer. D’Auray, Mérimée écrit qu’elle « n’a aucune importance et ses églises ne méritent pas d’être décrites ; mais cette petite ville est la meilleure station que l’on puisse choisir lorsqu’on veut visiter les grands monuments celtiques du Morbihan. »

Dans ses notes, Mérimée estime l’étendue des alignements à plus de deux lieues et demie. « Toute la côte en est comme parsemée et l’on ne peut s’empêcher de la considérer tout entière comme une terre sacrée. » Les hypothèses sur le sens des monuments mégalithiques laissent Mérimée sceptique. Par exemple, la version fantaisiste des pierres levées destinées à caler les tentes de César contre les vents furieux.

En arrivant à Locmariaquer, Mérimée est impressionné par la forte concentration de tumulus, dolmens et menhirs à tel point qu’il en recommande vivement la conservation auprès du ministre. Leur poids et leur hauteur le rendent perplexe quant à la façon dont ils ont pu être dressés.

« Après avoir examiné tous les monumens répandus sur la presqu’île de Locmariaker, je me procurai un bateau, et, pourvu d’un briquet et d’une bougie, je me rendis à Gävr’innis. (…) Là je me mis à plat ventre, m’aidant des mains, et, tiré par les pieds par le patron du bateau, je me trouvai en un instant au fond de la caverne, sans autre accident que quelques écorchures aux mains (..). » Mérimée s’attache à trouver un sens aux inscriptions portées sur les parois. A plusieurs reprises, il les rapproche des tatouages arborés par les Néo-Zélandais.